Citations
Ma collection de citations.
- Le kantisme a les mains pures ; par malheur, il n'a pas de mains.
Charles Péguy - Œuvres en prose complètes
Publié le : à 15:09 - Deux choses remplissent le cœur d'une admiration et d'une vénération, toujours nouvelles et toujours croissantes, à mesure que la réflexion s'y attache et s'y applique : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi. Ces deux choses, je n’ai pas à les chercher ni à en faire la simple conjecture au-delà de mon horizon, comme si elles étaient enveloppées de ténèbres ou placées dans une région transcendante ; je les vois devant moi, et je les rattache immédiatement à la conscience de mon existence. [...] Le premier spectacle, d'une multitude innombrable de mondes, anéantit pour ainsi dire mon importance, en tant que je suis une créature animale qui doit rendre la matière dont elle est formée à la planète (à un simple point dans l'Univers), après avoir été pendant un court espace de temps (on ne sait comment) douée de la force vitale. Le second, au contraire, élève infiniment ma valeur, comme celle d'une intelligence, par ma personnalité dans laquelle la loi morale me manifeste une vie indépendante de l'animalité et même de tout le monde sensible.
Emmanuel Kant - Critique de la raison pratique
Publié le : à 15:08 - On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas tout d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure.
Georges Bernanos - La France contre les robots
Publié le : à 15:06 - Être informé de tout et condamné ainsi à ne rien comprendre, tel est le sort des imbéciles.
Georges Bernanos - La France contre les robots
Publié le : à 15:04 - The modern world is full of the old Christian virtues gone mad.
Gilbert Keith Chesterton - Orthodoxy
Publié le : à 14:40 - Je me sentais responsable de la beauté du monde.
Marguerite Yourcenar - Mémoires d'Hadrien
Publié le : à 14:30 - Vingt fois je relus les dernières pages de Madame Bovary ; à la fin, j'en savais des paragraphes entiers par cœur sans que la conduite du pauvre veut me devint plus claire : il trouvait des lettres, était-ce une raison pour laisser pousser sa barbe ? Il jetait un regard sombre à Rodolphe, donc il lui gardait rancune - de quoi, au fait ? Et pourquoi lui disait-il « Je ne vous en veux pas » ? Pourquoi Rodolphe le trouvait-il « comique et un peu vil » ?\nEnsuite Charles Bovary mourait : de chagrin ? de maladie ? Et pourquoi le docteur l'ouvrait-il puisque tout était fini ? J'aimais cette résistance coriace dont je ne venais jamais à bout; mystifié, fourbu, je goûtais l’ambiguë volupté de comprendre sans comprendre : c'était l'épaisseur du monde [...]. Des noms vertigineux conditionnaient mes humeurs, me plongeaient dans des terreurs ou des mélancolies dont les raisons m'échappaient.
Jean-Paul Sartre
Publié le : à 10:05 - Ce que la littérature jeunesse nous fait oublier : c’est bien de lire des livres trop grands pour soi [...], des livres qui vous transcendent, des livres qui vous dépassent.
Alain Finkielkraut - Répliques, Les jeux du cirque médiatique
Publié le : à 10:00 - Mal nommer un objet, c'est ajouter au malheur de ce monde.
Albert Camus
Publié le : à 18:30 - Tantaene animis caelestibus irae ?
Virgile - Énéide
Publié le : à 20:00 - Lacrimae rerum sunt.
Virgile - Énéide
Publié le : à 20:00 - La tristesse du monde saisit les êtres comme elle peut, mais à les saisir elle semble parvenir presque toujours.
Louis-Ferdinand Céline - Voyage au bout de la nuit
Publié le : à 20:00 - La civilité entre dans le monde, avec le discours, par la porte de la honte. Oui, la honte. « La présence d’autrui, écrit Levinas, ne met-elle pas en question la légitimité naïve de la liberté ? La liberté ne s’apparaît-elle pas à elle-même comme une honte pour soi ? Et réduite à soi comme usurpatrice ? ». Ce n’est pas, nous dit ici Levinas, la peur de l’autre qui arrête l’élan de la liberté et qui civilise l’individu, c’est la honte devant lui. Et nul ne choisit d’avoir honte. La honte frappe comme la foudre. Elle est le dégrisement fatal et salutaire que le visage inflige au moi. Dégrisement est le maître mot de ceux qui ne veulent pas être dupes.
Alain Finkielkraut - Pêcheur de perles
Publié le : à 20:00 - Les regards impudiques et cruels des petits enfants.
Abel Quentin - Le Voyant d’Étampes
Publié le : à 20:00 - La vocation de la poésie n’est pas de nous éblouir par une idée surprenante, mais de faire qu’un instant de l’être devienne inoubliable et digne d’une insoutenable nostalgie.
Milan Kundera
Publié le : à 20:00 - La génération des Romantiques, éblouis par la mort dès l’instant où ils voyaient le jour.
Milan Kundera
Publié le : à 20:00 - Européen: celui qui a la nostalgie de l’Europe.
Milan Kundera
Publié le : à 20:00 - Le lit commun : l’autel du mariage ; et qui dit autel dit aussi sacrifice. C’est là qu’ils se sacrifient mutuellement : tous deux ont du mal à s’endormir et le souffle de l’un réveille l’autre ; chacun se pousse vers le bord du lit, laissant au milieu un large vide ; l’un simule le sommeil, dans l’espoir de permettre à l’autre de s’endormir en se tournant et se retournant sans crainte de le déranger. Hélas, l’autre n’en profitera guère, étant occupé lui aussi (pour des raisons identiques) à simuler le sommeil en évitant de bouger. Ne pouvoir s’endormir et s’interdire de bouger : le lit matrimonial.”
Milan Kundera
Publié le : à 20:00 - L’homme moderne a fini par en vouloir à tout ce qui est donné, même sa propre existence– à en vouloir au fait même qu’il n’est pas son propre créateur ni celui de l’univers. Dans ce ressentiment fondamental, il refuse de percevoir rime ni raison dans le monde donné. Toutes les lois simplement données à lui suscitent son ressentiment, il proclame ouvertement que tout est permis et croit secrètement que tout est possible […]. L’alternative à un tel ressentiment serait une gratitude fondamentale pour les choses qui nous sont “véritablement et invariablement données comme la vie elle-même, l’existence de l’homme et du monde.
Hannah Arendt
Publié le : à 20:00 - Dans les républiques démocratiques, la tyrannie laisse le corps et va droit à l’âme. Le maître n’y dit plus : “Vous penserez comme moi, ou vous mourrez” ; il dit : “Vous êtes libre de ne point penser ainsi que moi ; votre vie, vos biens, tout vous reste : mais de ce jour, vous êtes un étranger parmi nous […]. Quand vous vous approcherez de vos semblables, ils vous fuiront comme un être impur ; et ceux qui croient à votre innocence, ceux-là mêmes vous abandonneront, car on les fuirait à leur tour. Allez en paix, je vous laisse la vie, mais je vous la laisse pire que la mort.
Alexis de Tocqueville
Publié le : à 20:00