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Dans les républiques démocratiques, la tyrannie laisse le corps et va droit à l’âme. Le maître n’y dit plus : “Vous penserez comme moi, ou vous mourrez” ; il dit : “Vous êtes libre de ne point penser ainsi que moi ; votre vie, vos biens, tout vous reste : mais de ce jour, vous êtes un étranger parmi nous […]. Quand vous vous approcherez de vos semblables, ils vous fuiront comme un être impur ; et ceux qui croient à votre innocence, ceux-là mêmes vous abandonneront, car on les fuirait à leur tour. Allez en paix, je vous laisse la vie, mais je vous la laisse pire que la mort.

Alexis de Tocqueville



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La génération des Romantiques, éblouis par la mort dès l’instant où ils voyaient le jour.
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Lacrimae rerum sunt.